L’histoire à presque soixante ans
L’histoire a presque soixante ans. Mais elle pourrait en avoir mille, c’est toujours la même question qui revient, celle du sens. Je me demande souvent s’il vaut mieux vivre ou simplement exister. Exister, c’est être là, respirer, marcher dans le monde sans y laisser de trace. Vivre, c’est autre chose, c’est regarder sa propre existence comme un mystère, chercher un sens à ce qui n’en a pas. C’est tenter de comprendre pourquoi le jour se lève encore, alors que rien ne l’exige. Cette quête, la plupart du temps, se heurte à l’absurde. Pourtant, quelque chose en nous résiste. Une part obscure refuse le renoncement. Nous avançons dans le vide avec la même fidélité qu’un homme marche vers un horizon qu’il sait inatteignable. Peut-être que vivre, c’est cela : continuer, même sans raison. Aimer le souffle du vent, le grain du soleil, la fatigue des jours et ne pas demander davantage. Beaucoup vivent dans l’attente d’une autre vie. Ils refusent de croire que celle-ci pourrait être la seu...